À 5 jours du premier tour : le président du GPS prend la parole

Tribune des Echos - 19 avril 2017

LE CERCLE/POINT DE VUE - Christian Nibourel, président du Groupement des professions de services, prend position dans la campagne pour l'élection présidentielle.

Les Français auraient-ils donc si peur du futur qu’ils envisagent de choisir à l’occasion de la présidentielle les solutions d’hier : hausse de la dépense publique, endettement, nationalisation, encadrement de l’entreprise, voire de façon plus radicale encore, la sortie de l’Europe.

Cette dernière annonçant des maux plus terribles que ceux que l’on souhaite actuellement combattre : perte du pouvoir d’achat des salariés et des consommateurs, fuite des capitaux, réduction brutale des capacités d’investissement des entreprises, augmentation du chômage, érosion de l’épargne personnelle…

De nos prochains dirigeants, nous attendons tous qu’ils ouvrent les yeux sur les réalités du monde qui vient, qu’ils rompent avec les recettes éculées, qu’ils expriment leur clairvoyance et leur audace. Et que constate-t-on, effarés ? Que les discours anti-entreprises font recette, que le « Cac 40 » sert de repoussoir, que l’Europe est dénoncée comme la cause de tous nos maux par près de la moitié des candidats, et que l’étatisme revient à la mode.

« Insanity is doing the same thing over and over and expecting different results. » On connaît la formule d’Albert Einstein, qu’aurait exprimée avant lui Benjamin Franklin : la folie consiste à faire et à refaire la même chose, la même politique de relance, le même replâtrage budgétaire, la même politique industrielle, la même prime à la casse, les mêmes sur-taxations suivies de mesures compensatoires… et tout cela dans l’espoir, pourtant systématiquement déçu, de recueillir des résultats différents.

Pour bâtir la France qu’il nous faut désormais, bien au-delà des mesures d’extrême urgence que réclame la situation du pays, nous ne pouvons laisser reconduire les mêmes politiques qui ont failli. C’est vrai, beaucoup ont échoué non pas parce que, ainsi que leurs auteurs s’en plaignent après coup, les moyens de leur mise en oeuvre auraient été insuffisants, mais parce qu’elles n’étaient ni en phase avec la réalité ni opportunément orientées. Mais ne puisons pas pour autant dans le registre des vieilles lunes. Nous avons vu à quoi mènent les solutions expérimentées au cours du 20e siècle dans de nombreux pays.

Généreuses dans l’esprit, des utopies (doctrines politico-économiques) ont accouchées de monstres ou de systèmes en faillite, faute de ne pas avoir su concilier harmonieusement l’intérêt collectif, le génie individuel et les contraintes socio-économiques. Pour atténuer l’un des maux qui rongent nos sociétés développées - le chômage - mon expérience de chef d’entreprise et de président du Groupement des professions de services, me conduit à rappeler à nos candidats que les solutions sont à la fois plus modestes et plus complexes que celles qu’ils nous présentent. C’est vrai que celles que je porte ne donnent pas matière à des discours enflammés, mais j’ai la prétention de penser qu’elles sont efficaces.

Elles s’ordonnent autour d’un axe prioritaire : encourager l’entreprise. Elle seule peut durablement créer de la richesse et j’ajouterai permettre l’intégration dans l’emploi. Dans l’univers des services nous le savons pertinemment. Et lorsque j’entends ces critiques dont certains candidats accablent le système Uber qui a contribué à remettre dans l’emploi beaucoup de jeunes des banlieues, je dois avouer que je ne comprends plus ! Comment peut-on à ce point nier des évidences et refuser d’exploiter le développement spectaculaire des services amplifié par une révolution technologique qui n’en est qu’à ses débuts.

Nous avons là des moyens de lutter contre le chômage, de favoriser l’intégration sociale et de relancer de l’ascenseur social. Pouvons nous les ignorer à ce point ? Non ! Donnons-nous la chance de libérer l’initiative et d’assouplir les règles qui corsètent nos entreprises. Cela porte, je le sais, un très vilain nom : la flexibilité ! Mais ce que je sais aussi, c’est que ces mesures permettent, là où elles sont en oeuvre (Allemagne, Royaume Uni), de créer de l’emploi et de la richesse, d’intégrer les décrocheurs (120 000 jeunes tous les ans), de proposer des débouchés aux étrangers qui nous rejoignent tout en satisfaisant des consommateurs avides d’immédiateté, de personnalisation et de liberté de choix. Si la France avait, depuis 2013, suivit la même dynamique que l’Allemagne ou le Royaume Uni, elle aurait créé entre 250.000 et 430.000 emplois supplémentaires dans les services et se serait épargnée bien des désillusions.

Donnons à chaque secteur les moyens de contribuer à la croissance et à l’emploi de notre pays. Pour ne parler que de la révolution technologique que nous vivons. et secteur des services que je connais bien, je suis convaincu que celui qui en tirera tous les enseignements et en libérera tout le potentiel offrira à notre pays les clefs du redressement.

Je sais, ce pragmatisme ne séduit pas car il n’a rien d’une doctrine politique je sais aussi que les dirigeants politiques, pour séduire, doivent « vendre » de l’affect et du rêve. Nous avons surtout besoin d’une vision d’avenir, d’un cap et d’initiatives inspirées et guidées par une volonté politique sans faille. En sorte d’être bientôt tous en mesure de « faire ensemble ». Car l’avenir, pour paraphraser le philosophe Henri Bergson, ce n’est pas ce qui va arriver. L’avenir, ce ne sera pas la pluie espérée. C’est ce que nous ferons, ce que nous ferons arriver.

Christian Nibourel, président du Groupement des professions de services

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