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LE MOT DU PRESIDENT
Désormais, les services occupent la première place parmi les secteurs de production dans la plupart des économies. Tous les acteurs de l’économie font appel aux services : consommateurs individuels, entreprises, État ou collectivités locales. Leur potentiel de consommation est en outre pratiquement illimité !
En trente ans, les entreprises de services ont créé 3,5 millions d’emplois en France, alors que le solde du pays était de 2,8 millions d’emplois nets. De 1978 à 2006, elles ont réalisé en moyenne 2,5 % de croissance par an quand l’ensemble des activités économiques atteignait 2,0 %. Elles structurent notre économie et nos territoires dont elles constituent un indéniable critère de compétitivité et d’attractivité.
Malgré ces trente ans de progression ininterrompue, les services ont été largement sous-évalués, simplement parce que, s’appuyant sur les biens matériels, mais n’en produisant pas, ils paraissaient improductifs, même aux yeux de nombreux économistes.
On a ainsi connu une phase d’opposition stérile entre la production matérielle de l’industrie et la production immatérielle des services. En réalité, l’une et l’autre se complètent et se développent en symbiose, au point que la perception en change du tout au tout. Après avoir parlé d’une économie du secondaire (celle de l’industrie de transformation) et d’une économie du tertiaire, on développe aujourd’hui l’idée d’une économie du quaternaire qui combine et anime l’ensemble des secteurs de production.
À tort ou à raison, on parle en effet d’ère post-industrielle. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y aura pas d’ère post-servicielle, car les services sont par nature le fin mot de l’économie, sa raison d’être. Fabriquer un avion est bien. Le faire voler est mieux. Ce que le public demande, c’est voyager dans les meilleures conditions possibles, et non pas collectionner les objets techniques, fussent-ils remarquables (et ils le sont !).
Les entreprises elles-mêmes font de plus en plus appel aux services car l’offre se renouvelle et se diversifie sans cesse grâce à l’innovation, suscitant ainsi une nouvelle demande. C’est ainsi que se créé le cercle vertueux de la croissance par les services. Les premiers clients des entreprises de services sont – et de loin – les entreprises de services elles-mêmes. Leur consommation de services représente ainsi en France le double de celles de l’industrie, avec 59% contre 24%, le solde étant consommé par les secteurs de la construction et du commerce. Les services aux entreprises bénéficient d’une dynamique propre, dont la croissance industrielle constitue un déterminant parmi d’autres, ni le seul, ni le principal.
Les pouvoirs publics, locaux, régionaux ou nationaux sont également consommateurs de services. En confiant les tâches non régaliennes à des entreprises privées, ils peuvent même maîtriser les coûts de fonctionnement qui pèsent sur l’ensemble de l’économie. Accroître la délégation de gestion, c’est améliorer les performances et la bonne gestion des services publics.
De leur côté, les services aux personnes mettent en place les moyens indispensables pour répondre à une demande sans cesse croissante.
Au fond, les services créent de la valeur. Ils apportent de la productivité aux entreprises, du bien-être aux citoyens et contribuent à l’attractivité du territoire. Il faut donc leur donner les mêmes moyens qu’aux autres secteurs d’activités pour s’implanter, se développer et innover
Les services embauchent. Mieux même, ils sont indissociablement du travail et de l’initiative, de la création et de la responsabilité. Et ceci à tous les niveaux de qualification et de compétence. Ils peuvent apporter une solution forte et durable au chômage. Ils permettent d’insérer des personnes en difficulté et font jouer l’ascenseur social. Ils sont également les premiers financeurs du modèle social français, dont le financement est principalement assis sur les salaires. Mais pour qu’ils poursuivent dans cette voie, le coût et le droit du travail ne doivent pas écraser leurs performances.
Les services exportent. La France des services fait souvent la course en tête aux niveaux européen et mondial. Mais l’harmonisation fiscale et sociale en Europe se fait attendre, ce qui fausse la concurrence. Il faut créer un véritable marché européen et un marché international des services et avancer avec détermination.
Premiers employeurs du secteur marchand, premiers créateurs d’emplois et d’entreprises, les services n’ont d’autre ambition que de développer encore plus leur contribution au service des autres activités, de l’économie et de la société.
Le présent ouvrage, avec sa liste de 100 mots-clés – il en existe bien d’autres ! – veut éclairer pour le public les caractéristiques de ces services, si présents et si peu connus en même temps. Les services possèdent en effet des traits de caractère bien marqués : importance de la masse salariale par rapport au chiffre d'affaires, contact souvent directs avec les clients de la quasi-totalité des salariés, implantation de proximité et fonctionnement en réseau. Ces trois caractéristiques fondamentales déterminent leur organisation et leur mode de management. Il faut d’autant plus les connaître qu’aujourd’hui tout devient service. Consommer, ce n’est plus posséder, c’est être servi. Et vivre dans une société en croissance, c’est être convenablement servi.
La société servicielle est en effet une économie interstitielle. Elle est partout. Surtout, elle est dynamisante. Notre nouvelle croissance viendra de la façon dont elle saura mettre les services au cœur de sa logique.
Georges Drouin, Président du GPS |
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